La chasse n'est pas un sujet mineur de la peinture française : c'est un genre royal, né à la cour, qui a occupé certains des plus grands peintres du royaume avant de nourrir tout le XIXe siècle animalier. Pour les familles qui possèdent un tableau de chasse, cette histoire a une conséquence très concrète : le marché existe, il est fidèle, et il sait exactement ce qu'il cherche.
Desportes et Oudry : les fondateurs
Alexandre-François Desportes (1661-1743) invente le genre à la cour de Louis XIV : peintre officiel des chasses royales, il portraiture les chiens favoris du roi avec la dignité réservée aux princes, et compose des natures mortes au gibier d'une somptuosité inégalée. Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) lui succède auprès de Louis XV : ses chasses royales, déclinées en tapisseries, et ses natures mortes font de lui le peintre animalier le plus célèbre d'Europe. Leurs œuvres autographes relèvent aujourd'hui du niveau muséal ; mais leurs ateliers, leurs suiveurs et l'immense production dans leur goût irriguent encore le marché, à des prix accessibles.
Le XIXe siècle : la vénerie entre en scène
Le siècle romantique déplace le regard du gibier vers l'équipage. Carle Vernet met en scène les chasses avec un brio de chroniqueur ; Alfred de Dreux donne à l'élégance équestre ses lettres de noblesse ; et surtout Olivier de Penne (1831-1897) devient le peintre de la vénerie française : ses meutes au relais, ses chiens à l'arrêt, ses scènes de laisser-courre sont la référence absolue des collectionneurs veneurs. Autour d'eux, Jules Gélibert et toute une école de peintres de chiens et de chasse fournissent un répertoire abondant, encore largement présent dans les familles.
Ce que recherchent les collectionneurs
Trois choses avant tout. Le sujet d'abord : une meute, un équipage identifiable, un portrait de chien nommé valent mieux qu'un paysage vaguement giboyeux ; si le tableau représente un équipage ou une forêt identifiés, la clientèle de la vénerie s'y intéresse doublement. La qualité ensuite : la touche, la lumière, le rendu des robes et des poils ne pardonnent pas. La fraîcheur enfin : un tableau dans son jus, avec son cadre d'époque, séduit plus qu'une toile trop restaurée.
Les fourchettes du marché
À titre purement indicatif : les œuvres autographes de Desportes et d'Oudry se comptent en centaines de milliers d'euros et se disputent entre musées et grandes collections ; les tableaux d'atelier et de suiveurs de qualité s'inscrivent entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers d'euros ; un bel Olivier de Penne se négocie couramment entre 2 000 et 20 000 € selon le sujet et le format ; les petits maîtres de la chasse du XIXe trouvent preneur entre quelques centaines et quelques milliers d'euros. Chaque attribution change la donne, d'où l'importance de l'expertise.
L'attribution, mode d'emploi
Le vocabulaire du marché gradue la certitude : signé, attribué à, atelier de, école de, suiveur de, dans le goût de. Fixer le bon échelon suppose d'examiner la touche, mais aussi le dos du tableau : toile, châssis, étiquettes de ventes anciennes, cachets de collections. Ne retirez jamais une étiquette, même illisible, et photographiez le revers avec autant de soin que la face.
Faire estimer votre tableau de chasse
Photographiez la face entière en lumière naturelle, la signature si elle existe, deux ou trois détails (têtes de chiens, gibier, ciel) et le dos complet. Indiquez les dimensions et ce que la famille sait de son histoire. Réponse sous 48 heures via le formulaire.
Faites estimer votre tableau gratuitement
Estimation gratuite →Questions fréquentes
Beaucoup : l'école, l'époque et parfois l'atelier se lisent dans la manière. Le genre est si codifié que les spécialistes situent rapidement une toile anonyme de qualité.
Oui, à leur rang : une belle copie du XVIIIe ou du XIXe siècle, bien peinte et bien encadrée, a son marché décoratif, parfois soutenu.
Non. L'encrassement se traverse à l'examen, tandis qu'un nettoyage amateur peut emporter les glacis. Toute intervention se décide après expertise, jamais avant.