Il y a une Légion d'honneur dans une famille française sur trois, et presque toujours la même question : cela vaut-il quelque chose ? La réponse honnête : cela dépend énormément, d'un facteur cent, selon l'époque, le grade, l'état des émaux et les documents qui l'accompagnent. Ce guide vous donne les repères de la phaléristique, ce domaine de collection discret et passionné.
Une décoration, deux empires et cinq républiques
Créée en 1802, la Légion d'honneur a changé de visage avec chaque régime, et c'est l'époque qui commande la rareté.
| Époque | Signes distinctifs | Rareté |
|---|---|---|
| Premier Empire | Aigle impériale au centre, profil de Napoléon | Très rare, la plus recherchée |
| Restauration | Profil d'Henri IV, fleurs de lys | Rare |
| Monarchie de Juillet | Drapeaux tricolores, profil d'Henri IV | Peu courante |
| Second Empire | Profil de Napoléon III, aigle au revers | Recherchée |
| IIIe à Ve République | Profil de la République, devise Honneur et Patrie | Courante |
Un détail qui compte : les croix ont souvent été modifiées au fil des régimes (centres changés pour suivre le pouvoir en place), et ces croix modifiées racontent une histoire qui intéresse les collectionneurs.
Les grades font la hiérarchie
Du plus courant au plus rare : chevalier (croix argent), officier (croix or à rosette), commandeur (croix en sautoir), grand officier (plaque en étoile), grand-croix (grand cordon et plaque). Les plaques de grands dignitaires, en argent ciselé, parfois enrichies, dominent le marché : un ensemble complet de grand-croix d'époque ancienne est une pièce d'exception.
Ce qui fait grimper le prix
Cinq facteurs, dans l'ordre : l'époque, comme on vient de le voir ; le grade ; l'état des émaux, nerf absolu de la valeur, un éclat sur une pointe ou un centre fêlé divisant le prix ; la qualité de fabrication, or ou argent, poinçons de grands bijoutiers ; et l'attribution, un brevet nominatif, un écrin d'origine, une photographie du titulaire en tenue transformant un insigne en souvenir historique.
Les fourchettes, en toute franchise
À titre indicatif, pour des exemplaires en bel état : une croix de chevalier courante de la IIIe ou IVe République s'inscrit entre 50 et 150 € ; un chevalier Second Empire entre 150 et 600 € ; une croix de la Restauration entre 300 et plus de 1 000 € ; une aigle du Premier Empire se compte en milliers d'euros ; plaques, ensembles de dignitaires et pièces attribuées à des personnages identifiés montent bien au-delà. Les émaux accidentés divisent ces chiffres, les brevets et provenances les multiplient.
Au-delà de la Légion d'honneur
Le même raisonnement vaut pour toute la boîte familiale. L'ordre royal de Saint-Louis, aboli en 1830, est activement recherché : comptez couramment de 1 500 à 5 000 € et davantage selon l'époque et l'état. Les ordres étrangers (russes, britanniques, asiatiques) réservent de vraies surprises. La Médaille militaire et les croix de guerre valent surtout par leurs documents : citations, diplômes, photographies, qui font l'histoire. Ne séparez jamais une décoration de ses papiers.
Peut-on vendre des décorations ?
Les insignes anciens se vendent couramment aux enchères comme objets de collection, à Drouot notamment, devant un public international. Le port des décorations reste réservé à leurs titulaires : vendre n'est pas porter. Pour les cas particuliers, notamment certains ordres étrangers, le cadre applicable est vérifié avant la vente.
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Estimation gratuite →Questions fréquentes
Modeste : les modèles contemporains sont courants. Sa valeur est d'abord mémorielle, et rien n'oblige à vendre ; si la famille s'en sépare, elle le fera en connaissance de cause.
Non, mais il pèse : sur les modèles courants, il ramène au prix plancher ; sur les époques rares, la pièce reste recherchée avec une décote. Ne tentez jamais une restauration amateur.
Oui, surtout signés de personnages importants ou liés à des faits d'armes documentés. Et réunis avec la décoration qu'ils accompagnent, ils peuvent en multiplier la valeur.