La numismatique française est immense, mais la demande se concentre sur quelques grandes familles de monnaies, celles que tout collectionneur veut posséder et que tout héritier peut avoir dans un tiroir. Voici les stars du marché, ce qu'elles valent réellement, et surtout les détails qui font passer un exemplaire du prix courant au prix d'exception.
Le louis d'or : trois siècles de prestige
Créé sous Louis XIII, le louis d'or accompagne la monarchie jusqu'à la Révolution, en de nombreux types que les collectionneurs traquent : louis aux lunettes, au bandeau, à la tête nue, aux écus accolés, entre autres. Un louis courant, en état moyen, se négocie de l'ordre de 400 à 800 €, porté par sa valeur or. Mais les types rares, les millésimes faibles, les ateliers provinciaux peu productifs et les états superbes se comptent en milliers d'euros, avec des sommets pour les frappes exceptionnelles. Le louis est le cas d'école de la numismatique : deux pièces d'apparence identique, deux valeurs sans rapport.
L'écu d'argent : le géant familier
Grande monnaie d'argent de l'Ancien Régime, l'écu de Louis XV ou de Louis XVI dort dans quantité de familles. Les exemplaires usés valent quelques dizaines d'euros, guère plus que leur argent ; les beaux exemplaires bien frappés montent à quelques centaines ; les millésimes et ateliers rares, les états proches du neuf, dépassent le millier. Là encore, la lettre d'atelier, ce petit caractère sous le buste ou au revers, fait parfois toute la différence.
Le franc germinal et le napoléon : l'or des successions
La pièce de 20 francs or, née de la réforme de l'an XI et dite napoléon, est la monnaie française par excellence des patrimoines : Bonaparte, Napoléon empereur, rois de la Restauration, Napoléon III, Génie de la IIIe République, Coq du début du XXe. La masse des exemplaires suit le cours de l'or, avec une prime variable. Mais certains millésimes du Consulat et de l'Empire, certaines lettres d'atelier rares, les frappes de qualité et les types courts portent des primes de collection considérables. Règle d'or, littéralement : ne vendez jamais un lot de napoléons au poids sans vérification des millésimes.
Les monnaies royales et médiévales : le domaine des connaisseurs
Francs à cheval, écus d'or à la couronne, testons de la Renaissance : les monnaies d'or et d'argent médiévales et de la Renaissance forment un marché de spécialistes où les prix montent vite, de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros pour les belles pièces, bien davantage pour les raretés. Si un tel trésor familial existe, il justifie à lui seul une expertise.
Les modernes qui valent le détour
Ne négligez pas le XIXe et le XXe siècle : les 100 francs or Génie, les grands modules d'argent, les essais et piéforts, et surtout les exemplaires en état fleur de coin de séries courantes, recherchés par les collectionneurs de qualité. Une pièce banale en état exceptionnel bat une pièce rare fatiguée.
Le récapitulatif
| Type | Période | Fourchette courante | Ce qui fait la rareté |
|---|---|---|---|
| Louis d'or | XVIIe-XVIIIe | 400 à 800 €, milliers pour les rares | Type, millésime, atelier, état |
| Écu d'argent | XVIIIe | 30 à 300 €, plus pour les rares | Atelier, millésime, état |
| Napoléon 20 F | XIXe-XXe | Cours de l'or + prime | Millésimes et ateliers rares, états superbes |
| Monnaies royales anciennes | Moyen Âge-Renaissance | Centaines à milliers d'euros | Domaine de spécialistes |
| Essais et fleurs de coin | XIXe-XXe | Très variable | L'état avant tout |
Fourchettes purement indicatives, données pour orienter : chaque pièce est un cas.
L'état, encore et toujours
Tous les chiffres ci-dessus explosent ou s'effondrent selon l'état de conservation, de B à FDC. Et l'état ne se rattrape jamais : d'où la règle absolue, répétée dans notre guide du tri, ne nettoyez aucune pièce, jamais, sous aucun prétexte. Voir notre guide complet : pièces de monnaie héritées, la méthode pour trier sans se tromper.
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Estimation gratuite →Questions fréquentes
C'est une petite lettre, souvent près de la date ou sous le buste : A pour Paris, et diverses lettres pour les ateliers de province. Photographiez la pièce entière, avers et revers : l'identification est immédiate pour un œil exercé.
Photographiez-les sur place, avers et revers posés à plat : cela suffit largement au premier tri. Seules les pièces à potentiel justifieront un examen en main.
Elle perd l'essentiel de sa valeur de collection et revient vers sa valeur métal. C'est triste pour un millésime rare, mais c'est la règle du marché.